jeudi, 27 mars 2008

Je veux être sublime et me dévouer

Mon souhait trop intense me tourmente, je veux être tout à vous

Je veux être cette quatrième personne sublime auprès de vous

Je ne veux pas me dévouer, je veux me consacrer

Je ne veux pas parvenir, je veux atteindre

Je ne veux pas planer, je veux être ivre

Je veux bien me dévouer pour les deux verrines qui restent au frigo

Ton risotto au lait de coco devait être sublime

Je n'étais jamais las de me dévouer aux foules, même si je les voyais fermées

Je veux bien me dévouer pour venir à Paris demain

Les incendies, n’importe quoi de terrible où je puisse me dévouer

Je me tais d'ailleurs, tant la musicalité de tes champignons envahit l'espace

Je me dévoue pour relancer l'économie européenne, alors on ne critique pas

Si tu veux être belle, il y a un prix

Je veux bien me dévouer pour aider à vider ton congélateur

Je ne me lasse pas de tes verrines sublimes et très gourmandes

La gelée de pêche de vigne, parfumée et acidulée, est sublime

Je veux me dévouer, me donner, m’oublier

Je veux bien me dévouer et l'accompagner dans une de ses shopping party

Je me dévoue pour votre tranquillité, et je la trouble encore

Je me promets d'être d'une patience infinie, d'une gentillesse marshmallow

Je te veux entièrement dans ma vie

Elle est carrément sublime

Je vais me dévouer pour la cause et servir de cobaye à toute la gente féminine

Donne-moi une raison d'être une femme

Je veux juste être une femme

Le couteau est dans le coeur d'Agostin

Je n'ai plus de maître et je sens le besoin de me dévouer à quelqu'un

lundi, 24 mars 2008

Alberto Caeiro, "Premier signe avant-coureur de l'orage d'après-demain..."

Qui sait si je serai mort après-demain? Si je suis mort après-demain, l'orage d'après-demain sera un autre orage qui celui qu'il aurait été si je n'étais pas mort. Je sais bien que l'orage n'a pas sa source dans mes yeux, mais si je ne suis plus au monde, le monde sera différent - j'y serai en moins - et l'orage tombera dans un monde différent et il ne sera pas le même orage.

Antonin Artaud, "Cahier 246" (1947)

Et voici maintenant le temps où le phantasme va s'introgluder, c'est le moment où la fantasmagorie de l'étrangle, où le problème de vivre s'étranglait, va se décider à se débloquer, se décharger du cumul puant, de l'accumulation purulente (...).

Je veux être sublime et me dévouer. Je suis un corps, une masse, un poids, une étendue, un volume, une dimension, un biseau, un versant, une façade, une paroi, une latéralité, un phénomène, un fait, une expansion, une extension, une pression, une oppression, un mordant, une portée, (...), une tropulsion, un quelque chose.

Ce que je suis n'est pas définissable avec les idées de l'espace et du temps humains, avec les idées de l'essence et du principe des choses, qui expriment l'être pour l'humain, ou plutôt pour les animaux et esprits.

Mais moi, je ne vais pas continuer à porter sur moi un être, une chose appelée un être, cette chose appelée être qui a besoin de respirer pour nourrir son coeur, non, pour nourrir le coeur de tous les êtres, non (...).