lundi, 24 mars 2008
Antonin Artaud, "Cahier 246" (1947)
Et voici maintenant le temps où le phantasme va s'introgluder, c'est le moment où la fantasmagorie de l'étrangle, où le problème de vivre s'étranglait, va se décider à se débloquer, se décharger du cumul puant, de l'accumulation purulente (...).
Je veux être sublime et me dévouer. Je suis un corps, une masse, un poids, une étendue, un volume, une dimension, un biseau, un versant, une façade, une paroi, une latéralité, un phénomène, un fait, une expansion, une extension, une pression, une oppression, un mordant, une portée, (...), une tropulsion, un quelque chose.
Ce que je suis n'est pas définissable avec les idées de l'espace et du temps humains, avec les idées de l'essence et du principe des choses, qui expriment l'être pour l'humain, ou plutôt pour les animaux et esprits.
Mais moi, je ne vais pas continuer à porter sur moi un être, une chose appelée un être, cette chose appelée être qui a besoin de respirer pour nourrir son coeur, non, pour nourrir le coeur de tous les êtres, non (...).
00:57 Publié dans Quotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, identité


