jeudi, 27 mars 2008

Leopardi, "Pensées"

Il me semble bien difficile de dire s'il y a quelque chose de plus contraire à la morale que de parler sans discontinuer de soi-même, ou de plus rare qu'un homme exempt d'un tel défaut.

Les livres-ouragan

Cioran: "Je ne peux plus lire que des livres détachés, de glace, exempts de toute vibration, ou alors des livres-ouragan, qui vous emportent et vous laissent au milieu de votre plus grand péril".

lundi, 24 mars 2008

Alberto Caeiro, "Premier signe avant-coureur de l'orage d'après-demain..."

Qui sait si je serai mort après-demain? Si je suis mort après-demain, l'orage d'après-demain sera un autre orage qui celui qu'il aurait été si je n'étais pas mort. Je sais bien que l'orage n'a pas sa source dans mes yeux, mais si je ne suis plus au monde, le monde sera différent - j'y serai en moins - et l'orage tombera dans un monde différent et il ne sera pas le même orage.

Antonin Artaud, "Cahier 246" (1947)

Et voici maintenant le temps où le phantasme va s'introgluder, c'est le moment où la fantasmagorie de l'étrangle, où le problème de vivre s'étranglait, va se décider à se débloquer, se décharger du cumul puant, de l'accumulation purulente (...).

Je veux être sublime et me dévouer. Je suis un corps, une masse, un poids, une étendue, un volume, une dimension, un biseau, un versant, une façade, une paroi, une latéralité, un phénomène, un fait, une expansion, une extension, une pression, une oppression, un mordant, une portée, (...), une tropulsion, un quelque chose.

Ce que je suis n'est pas définissable avec les idées de l'espace et du temps humains, avec les idées de l'essence et du principe des choses, qui expriment l'être pour l'humain, ou plutôt pour les animaux et esprits.

Mais moi, je ne vais pas continuer à porter sur moi un être, une chose appelée un être, cette chose appelée être qui a besoin de respirer pour nourrir son coeur, non, pour nourrir le coeur de tous les êtres, non (...).