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        <title>folies minuscules - la-forme-d-une-ville</title>
        <description>folies minuscules</description>
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        <lastBuildDate>Sat, 06 Sep 2008 00:40:30 +0200</lastBuildDate>
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                <title>L'académie errante</title>
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                <author>noreply@ (Pierre)</author>
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                                <category>La forme d'une ville...</category>
                                                <pubDate>Sat, 06 Sep 2008 00:30:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Je dis &quot;&lt;em&gt;Le Piéton de Paris&lt;/em&gt; c'est génial&quot; et ça l'amuse. Je cite de mémoire une image que j'ai retenue parce qu'elle me parle de ce que j'ai ressenti en quittant son appartement tôt le matin, &quot;les trottoirs gravés de fatigues&quot; (j'avais remarqué, Villa Saint-Michel, un tapis de coeurs comme imprimés sur le trottoir, d'une teinte à peine plus foncée que celle du sol grisâtre, si bien que l'on doutait si les coeurs avaient été peints ou fondus dans la mystérieuse pâte qui forme le bitume). Les trottoirs gravés de fatigues ne sont plus ceux de Léon-Paul Fargue, et que peut en dire un provincial, originaire des Flandres, qui a grandi dans le Hainaut, et&amp;nbsp;travaillé&amp;nbsp;aux confins de l'Avesnois, jusqu'aux bornes de la Thiérache aux bocages riants semés d'églises fortifiées?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;A la terrasse de la Maison Blanche, le trottoir est jonché de mégots, d'additions colorées de taches de vin et de café, et de dosettes de sucre individuelles. Avec une énergie qui amuse ou qui irrite, un serveur interpelle le passant et l'invite à prendre un verre ou à manger. Il parle toutes les langues, même celles qu'il ignore, avec un aplomb qui le rend sympathique et ridicule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Benoit dort chez une amie. Elle va quitter Paris. Ce n'était pas prévu. Ca le rend triste. Dans un sms, il me demandait si j'étais vexé, je répondais &quot;pas vexé mais déçu&quot;, les mots me faisaient peur. Il m'appelait, j'attendais le RER gare Saint-Lazare, il me disait dans la confusion bruyante d'une station aux heures de pointe &quot;je t'appelle ce week-end&quot;. Ca me suffisait, je n'en demandais pas plus, je répondais &quot;j'aurai le temps de penser à toi&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Benoit écrit sur des carnets Moleskine; je mets toujours un accent circonflexe sur&amp;nbsp;son &quot;i&quot;, que je corrige quand je me relis. Il me parle de Dostoïevski et de Virginia Woolf. Sur une table basse garnie de livres, &lt;em&gt;Les Mots et les Choses&lt;/em&gt;. Au mur, une carte de la Russie, avec des noms de lieux en russe. Il passe une chanson, Marion est abandonnée par un homme qui parle de liberté et qui veut essayer les garçons. Je réponds aux questions, j'aime le mot &quot;étoile&quot;, je déteste &quot;prioriser&quot;; j'aime le bruit de l'eau à la Fontaine des Innocents, je déteste le hurlement du métro en de certains endroits de la ligne 12.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le serveur dit &quot;bitte schön, danke schön&quot;, &quot;buongiorno&quot;, &quot;bonsoir&quot;, &quot;hola&quot;, &quot;italiano?&quot;. Des passantes ralentissent le pas et esquissent une conversation galante. Et encore, &quot;molto bene&quot;, &quot;bellissimo&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La voisine est folle sans doute, les pompiers sur le palier, des voix inquiètes et d'autres rassurantes,&amp;nbsp;on imagine, dans l'obscurité du studio ouvert aux bruits de l'immeuble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il aime le goutte-à-goutte de la cafetière, il aime dire &quot;va te faire foutre&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le serveur me demande si je suis écrivain et si j'écris sur lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;J'ai des cocktails magnifiques.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Ah bon voilà, you promised me you come back.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Vous voulez boire un verre? C'est romantique, je mets des bougies, et partout, et parfumées.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une question, le premier soir,&amp;nbsp;le doute, le suspens, le vacillement: &quot;Est-ce que tu es vraiment attentif aux autres?&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Pour moi, le dixième est un quartier de poètes et de locomotives. Le douzième aussi a ses locomotives, mais il a moins de poètes. Mettons-nous d'accord sur ce mot. Point n'est besoin d'écrire pour avoir de la poésie dans ses poches. Il y a d'abord ceux qui écrivent, et qui constituent une académie errante. Puis il y a ceux qui connaissent les secrets grâce auxquels le mariage de la sensibilité et du quartier fabrique le bonheur.&quot;&lt;/p&gt; 
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                <title>Le train est annulé</title>
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                <author>noreply@ (Pierre)</author>
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                                <category>Quotes</category>
                                                <pubDate>Sat, 30 Aug 2008 01:34:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;A la terrasse du Terminus Nord je lis des vers de Jean Ristat et&amp;nbsp;le serveur est peu aimable, sur sa moto comme un cardinal débauché il m'emporte et je pose la tête sur son épaule, je découvre la façade de la Gare du Nord, six statues, toges, boucliers et couronnes, adossées à d'austères pilastres doriques, et sur les socles les noms des villes, Laon Arras Rouen, Rouen m'étonne, Amiens Lille Beauvais, les chapiteaux doriques reliés par une corniche, et au-dessus, une horloge qui dit le début d'une après-midi au ciel courbé, et la date en lettres capitales, Baudelaire avait quarante-trois ans, et au sommet d'autres statues, plus grandes, silhouettes majestueuses sous le ciel courbé, Cologne Berlin Vienne Londres Bruxelles, et au milieu, Paris, statue toge bouclier couronne, aigle impérial et drapeau européen au vent abandonné, et s'il faut mourir nous mourrons ensemble ô mon amour ô ma couronne d'épines et de flammes ma fleur sauvage à l'odeur de thym Philippe Philippe il fait si beau le long des routes où tu cours avec le vent, le cappuccino est tiède et mon train part dans quinze minutes me dit l'horloge, et nous saluent bien bas les arbres en s'inclinant, l'été a des rondeurs et le raisin est bon, nous mordons le ciel à pleines dents, aimons-nous dans l'instant bleu où toute chose a la couleur de tes yeux et s'offre à la main impatiente, et je fume ma dernière &lt;em&gt;Black Devil&lt;/em&gt; à l'élégance de pacotille.&lt;/p&gt; 
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                <title>La rue des Fourbisseurs</title>
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                <author>noreply@ (Pierre)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 02 Aug 2008 20:29:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&lt;em&gt;Mardi 29 juillet.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai vaporisé un produit anti-moustiques sur mon visage, mes bras et mes jambes. Son odeur et sa texture me rappellent le traitement contre les morpions: fiole noire évoquant un poison des temps modernes, liquide transparent aux effluves d'essence qui me brûla la peau une longue demi-heure, nu et debout dans un deux-pièces qu'une amie m'avait prêté au mois de novembre (les journées étaient longues, la RATP en grève;&amp;nbsp;j'allais en vélo de la Place Gambetta à la rue de Grenelle).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais fumer une dernière cigarette, et peut-être m'embraserai-je, assis sur l'appui de fenêtre, exposé à la vue des passants qui passent encore plus ou moins bruyamment à deux heures du matin - et les camions poubelles hurlent encore, et les canettes de bière et les téléphones cellulaires tombent parfois sur les pavés blasés de la rue des Fourbisseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(La cigarette est consumée. Je n'ai vu passer qu'un scooter. Une bouteilles s'est brisée à quelques mètres de moi. J'entends le tintement de couverts dans une assiette. Il y a aussi un bruit continu: ce ne sont pas les cigales, mais des climatiseurs.)&lt;/p&gt; 
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                <title>Sans famille</title>
                <link>http://guarantyofsanity.hautetfort.com/archive/2008/07/27/sans-famille.html</link>
                <author>noreply@ (Pierre)</author>
                                                <category>Des histoires vraies</category>
                                <category>La forme d'une ville...</category>
                                                <pubDate>Sun, 27 Jul 2008 01:56:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Grasses matinées tous les jours depuis une semaine. Un baiser, un corps qui remue à côté de moi: &quot;Papa, tu te réveilles?&quot;. Plus rarement, c'est moi qui me lève en premier. L'ouverture du volet. Les mains sur les yeux pour se protéger de la lumière. Un coup d'oeil dans le miroir pour observer la barbe abandonnée avant de passer à la cuisine. Les nouvelles du monde à la radio, les céréales au chocolat, et mon morceau de baguette beurré.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des balades dans Paris. Clélie veut aller &lt;em&gt;à la Seine&lt;/em&gt;, à cause du sable. Pas facile d'entrer en contact avec les autres enfants. Pourtant elle y va franchement, et avec le sourire. Tout à l'heure, elle s'installe d'elle-même à la terrasse d'un café; je n'avais plus qu'à m'aligner. Chocolat chaud pour elle, café crème pour moi, malgré la chaleur.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeudi, je lui ai acheté un pendentif en forme de sifflet, rose, ajouré, avec des strass. C'était chez un grossiste de la &lt;em&gt;rue des&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Bijoux&lt;/em&gt;. Une vendeuse m'a tendu un plateau blanchâtre. Ne sachant que faire, j'y ai déposé le pendentif. Réaction de gêne: la vendeuse est repartie dans le fond du magasin et a posé le plateau à côté d'elle. J'ai aussi acheté un porte-clé fantaisie. J'ai compris que la vente au détail était une faveur quand un vendeur, qui semblait être le patron, m'a dit&amp;nbsp;qu'il ne prenait les cartes bleues qu'à partir de soixante euros.&amp;nbsp;Clélie ne&amp;nbsp;quitte plus son sifflet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce moment, c'est la série des &lt;em&gt;Remi&lt;/em&gt;, que je n'avais pas vue depuis&amp;nbsp;vingt-cinq ans sans doute. Je suis surpris d'y découvrir le Canal du Midi, Carcassonne, et le Paris de la deuxième moitié du XIXe siècle. Les dessins et les couleurs sont magnifiques, l'eau des voies fluviales puis la neige scintillent dans une débauche d'effets optiques qui permettent souvent un basculement dans le rêve. Clélie a retenu les noms bizarres des animaux, qui meurent un à un. Elle reconnaît Notre-Dame de Paris et les quais de la Seine. Mais c'est l'hiver, un hiver très rude. Vitalis veut faire de Rémi un homme en le mettant à l'épreuve. Clélie m'a demandé cet après-midi: &quot;Ca veut dire quoi, &lt;em&gt;en guenilles&lt;/em&gt;?&quot;. Elle pensait à Cendrillon, pas à&amp;nbsp; Rémi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fabrizio nous a rendu visite hier. Promenade à La Villette, puis dîner. Fabrizio ne connaissait pas la Géode. Il m'a parlé de deux personnes qui ont entre trente et quarante ans,&amp;nbsp;à qui il donne des cours d'italien, et qui ne connaissaient pas Rimbaud. On a écouté ma musique et regardé un épisode de &lt;em&gt;Rémi&lt;/em&gt;. Fabrizio connaissait. On a le même âge. Ca passait en Italie aussi. Il m'a parlé à plusieurs reprises de la tristesse de cette histoire édifiante,&amp;nbsp;et a éprouvé la même fascination que moi pour l'esthétique.&amp;nbsp;Aujourd'hui, Fabrizio m'a envoyé une pièce de théâtre et un recueil de poèmes. J'ai imprimé à peu près cent vingt pages. Il me demande mon avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai aussi téléchargé de la musique sur &lt;em&gt;mp3fiesta.com&lt;/em&gt;: une compilation des Beach Boys, une autre d'Elvis Presley, un album de Missy Elliot, et le premier album de Devendra Banhart. J'oubliais le dernier album de Carla Bruni. Du haut de ses quatre ans, Clélie m'a demandé: &quot;Tu sais que c'est la copine de Nicolas Sarkozy?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce soir, j'ai trouvé des modèles de jupes intéressants sur a&lt;em&gt;nderslandinger.com&lt;/em&gt;. Je continue de me renseigner sur l'épilation au laser. Je continue d'en rêver pour la barbe. C'est sur les forums de transexuelles qu'on a les renseignements les plus précis, et les témoignages les plus fiables sans doute.&lt;/p&gt; 
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                <title>Le Petit Poucet</title>
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                <author>noreply@ (Pierre)</author>
                                                <category>Des histoires vraies</category>
                                <category>La forme d'une ville...</category>
                                                <pubDate>Fri, 28 Mar 2008 02:01:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Je feuilletais &lt;em&gt;La Généalogie du masculin&lt;/em&gt; à la Librairie de Paris quand Martine m'a appelé. Elle m'a donné rendez-vous au Petit Poucet, me disant que c'était un endroit idéal (hier elle m'avait demandé comment on ferait pour se retrouver Place de Clichy: y avait-il plusieurs sorties de métro? Je lui avais répondu qu'elle n'aurait pas de mal à me reconnaître car je porterais un chapeau rose et une veste léopard). Je me suis installé sur la terrasse du Petit Poucet. J'ai lu quelques pages des &lt;em&gt;Pensées&lt;/em&gt; de Léopardi. &quot;Le moyen le plus sûr de cacher aux autres les limites de son savoir est de ne jamais les dépasser&quot;. A retenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parlé de Lucien, de Rudy, de Renato. Les prénoms ont beaucoup fait rire Martine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parlé d'Estelle, et nous avons marché sans but quelques minutes, revenant sur nos pas, traversant au mauvais endroit, ne trouvant pas le restaurant que nous cherchions, et qui était pourtant à deux pas. Le restaurant s'appelle Entre Nous.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/01/01/1335362094.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-927399&quot; src=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/01/01/1632928996.JPG&quot; alt=&quot;1335362094.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-927399&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sylvie m'a raccompagné chez moi en voiture. Longue ballade sur le périphérique intérieur, défilé des enseignes. Demain après-midi je roulerai vers Lille. Martine ne goûte pas la beauté de ce genre de paysage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il me restait à &lt;em&gt;vider&lt;/em&gt; la voiture. Il était minuit. J'ai procédé avec méthode. J'ai sorti tous les sacs et les cartons, et j'ai calé les quatre portes donnant accès aux caves avec les sacs les plus lourds, de façon à ne pas perdre de temps à chaque trajet. J'ai réorganisé le rangement dans la cave. Sylvie dit que je suis maniaque. Des sacs se sont troués. J'ai ramassé un soutien-gorge rouge et des tablettes de médicaments. J'ai empilé sacs et cartons jusqu'au plafond.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/02/01/2111555201.JPG&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;J'oubliais de dire que quand je suis descendu dans le parking, j'ai entendu une voix familière. Une voix masculine, grave et belle, et le tic-tac d'un métronome entêté et boîteux (Martine est attirée par les boîteux et par les Claude; son nom veut dire &lt;em&gt;boîteux&lt;/em&gt; en vénitien). Je me suis approché: ça venait du deuxième sous-sol. Je suis resté quelques minutes, tout près du chanteur inconnu qui s'entraîne dans les profondeurs d'un immeuble de béton et dont la voix me parvient parfois jusque dans la nuit ensommeillée, portée par le labirynthe des canalisations. La première fois, j'ai cru que j'avais&amp;nbsp;une hallucination. C'est très beau. Je me suis demandé si j'allais m'approcher davantage et saluer mon voisin. Mais non.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/00/00/2121275569.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-927401&quot; src=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/00/00/593565654.JPG&quot; alt=&quot;2121275569.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-927401&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Cette valise, symbole de la présence d'Estelle dans ma vie. Je la trouve belle, posée comme une fleur qui se serait égarée dans la désolation du béton.&lt;/p&gt; 
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