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        <title>folies minuscules - correspondances</title>
        <description>folies minuscules</description>
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        <lastBuildDate>Sat, 06 Sep 2008 00:40:30 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Contre la pendaison</title>
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                <author>noreply@ (Pierre)</author>
                                                <category>Correspondances</category>
                                                <pubDate>Thu, 14 Aug 2008 01:38:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; line-height: 115%; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Book Antiqua;&quot;&gt;J’ai quelques livres de Guibert, dont un album de photographies édité en 1992. A l’époque ― j’avais dix-sept ans ―, je me souviens l’avoir feuilleté au Furet du Nord, à Valenciennes, discrètement, par peur d’être observé en train d’admirer ces portraits de jeunes hommes aux corps et aux visages pleins du désir du photographe ― Guibert ―, et il y avait aussi cet autoportrait au sexe en érection qui m’avait troublé par-dessus tout. J’ai acheté le livre l’année dernière, sur Internet&amp;nbsp;; il n’était pas encore épuisé. &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;L’Homme au chapeau rouge&lt;/i&gt;, je l’ai emprunté il y a trois ou quatre ans à la bibliothèque municipale de Valenciennes. Il manque à ma bibliothèque personnelle. L’édition que je t’envoie, je l’ai trouvée à la Librairie de Paris, Place de Clichy. L’auteur en photo sur la couverture, en prime. J’ai lu quelques pages au hasard en début de soirée. Guibert parle de sa rencontre avec Bacon, qui avait pour habitude de renvoyer son courrier sans même l’ouvrir. J’aime l’idée de Guibert, qui lui a envoyé son dernier livre, avec pour toute précision, sur l’enveloppe&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Francis Bacon. The Painter. London.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; line-height: 115%; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Book Antiqua;&quot;&gt;Il est une heure et je suis épuisé. J’ai retrouvé Rudy à vingt heures sur le parvis de Beaubourg. Rudy travaille rue des A., figure-toi. Nous avons mangé dans un restaurant près de Saint-Michel ­­― mais je ne retiens pas les noms des restaurants ―, puis marché jusqu’à Bastille avant de nous séparer. Soirée agréable, nous avons encore beaucoup de choses à nous dire, amicalement. Je précise &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;amicalement&lt;/i&gt; parce que ce n’est pas aussi simple, que comme je l’ai dit à Estelle il y a deux jours, je continue d’aimer ceux que j’ai aimés, peut-être pas de la même façon, mais il reste toujours quelque chose. Il ne faudrait pas que j’aime trop de personnes donc, je risquerais… je ne sais pas ce que je risquerais, de m’y perdre, de me perdre. Estelle ressent la même chose que moi. Je ne sais si ce sentiment est universel. J’ai dit à Estelle «&amp;nbsp;je t’aime&amp;nbsp;» parce que je peux lui dire, à elle, sans devoir préciser «&amp;nbsp;comme une amie&amp;nbsp;» ou je ne sais quelle nuance restrictive qui réduirait le sens de ces mots qui doivent rester rares et précieux. Ça veut dire, sans doute, que je n’ai jamais vraiment aimé Rudy. Je suis peut-être amnésique. Je crois me souvenir que je n’ai pas été dépendant de lui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; line-height: 115%; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Book Antiqua;&quot;&gt;En me quittant, Rudy m’a dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Septembre, c’est loin. Je ne sais pas si je tiendrai jusque là.&amp;nbsp;» Je lui avais précisé juste avant qu’on ne se reverrait pas avant début septembre, à cause de mes congés, dans le Nord puis dans l’Est.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; line-height: 115%; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Book Antiqua;&quot;&gt;Aujourd’hui, tu m’as écrit «&amp;nbsp;tu me manques&amp;nbsp;». Je n’ai pas rêvé&amp;nbsp;? Tu me manques aussi. Le week-end a été court, et mon travail de &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;passeur&lt;/i&gt; est loin d’être achevé. Koltès, d’abord Koltès évidemment. Ça m’a fait plaisir que tu parles de Delacroix. Mishima hier, Guibert aujourd’hui, et tout le reste à venir, un peu à la fois. Mais tu vas aussi être mon &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;passeur&lt;/i&gt;&amp;nbsp;; d’ailleurs tu as commencé. En matière de goût. Et puis c’est toi qui me &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;passe&lt;/i&gt; des cours maintenant, je trouve ça plutôt amusant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; line-height: 115%; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Book Antiqua;&quot;&gt;Il est tard, je suis épuisé, j’aurai encore du mal à me lever demain. Bonne lecture.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Je ne vous voy pas a demy</title>
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                <author>noreply@ (Pierre)</author>
                                                <category>Correspondances</category>
                                                <pubDate>Mon, 31 Mar 2008 16:01:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Lucien,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J’avais envie de t’écrire, alors je me suis dit qu’il ne fallait pas attendre. Le poème de Charles d’Orléans est simple et beau, il correspond bien à mon humeur printanière. Je l’ai trouvé dans un recueil intitulé &lt;i&gt;En la forêt longue attente&lt;/i&gt;. C’était à la librairie Gallimard, ce midi. J’ai procédé comme d’habitude quand je suis attiré par un livre&amp;nbsp;: je l’ouvre au hasard, et ce que je lis détermine l’achat. En l’occurrence, je suis tombé sur ce rondeau, et il m’a fait penser à toi, à ce que j’aurais pu te dire. N’y vois aucune supplication&amp;nbsp;: je ne te propose pas de &lt;i&gt;fermer nos cœurs en alliance&lt;/i&gt; — ceci dit, en l’écrivant, même avec une négation, je l’affirme quand même, je ne suis pas dupe&amp;nbsp;: les mots sont là, et ce n’est pas pour rien que je les choisis.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Je serai dans le Nord ce week-end&amp;nbsp;: de vendredi soir à dimanche. Je vais chercher Clélie dimanche en fin de matinée, pour les vacances. Si tu veux me voir, fais-moi signe, mais ne te sens pas obligé. Je sais que tu es très libre de toute façon,&amp;nbsp;nous en avons déjà parlé, et je le sens chaque fois que je te vois.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Je t’embrasse,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pierre&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; 
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