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  <title>folies minuscules</title>
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        <name>Pierre</name>
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      <title>En écoutant Smokey Rolls Down Thunder Canyon de Devendra Banhart</title>
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      <published>2008-08-07T23:34:00+02:00</published>
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              <summary>  Je me suis surpris à me sentir plus léger ce soir, plus frais. La journée a...</summary>
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           &lt;p&gt;Je me suis surpris à me sentir plus léger ce soir, plus frais. La journée a été lourde, triste, de moiteur, de malaise, de somnolence, de sueurs froides aussi, de comptes à rebours effrayants, de peurs incontrôlables devant les responsabilités, comment dire, civiques peut-être, auxquelles j'ai toujours autant de mal à me contraindre. La ligne 12 était étouffante, ma main a effleuré par inadvertance le crâne chauve d'un homme assis sur un strapontin: regard agacé, le frôlement étant malvenu, et cette bizarre sensation d'un crâne chauve mais rugueux comme une barbe de trois jours. La ligne 5 puait. Chaleur et puanteur. Et puis quoi, effet salutaire de la douche sans doute, du rasage de près, de l'arrivée de Renato demain, qui m'a répété, c'était un jeu, &quot;rdv à sept heures trente-deux&quot;, &quot;rdv à sept heures trente-deux&quot;, &quot;rdv à sept heures trente-deux&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Axel pilote des Boeing 747. Je lui ai dit: &quot;ça va peut-être te paraître bête et naïf&quot;, mais ça m'impressionne. Il a répondu: &quot;c'est comme conduire une grosse voiture&quot;. On se verra mardi prochain finalement. Je ne suis pas mécontent que le rendez-vous soit décalé. Il me parle de pelouse ou de prairie, ça me plait. Tout cela est bête et naïf, mais j'aime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors je verrai Rudy mercredi. Rudy qui a mis de nouvelles photos sur son blog. Des portraits d'un garçon dont on ne voit jamais le visage de face. Des photos vaporeuses, en suspens, joliment floutées. Et puis il y a eu ce choc en faisant défiler frénétiquement quelques centaines de photos de Hedi Slimane trouvées sur un blog. Des potraits de garçons dans des concerts rock. Des noir et blanc magnifiques. Et j'ai mis une photo&amp;nbsp;en fond d'écran au bureau, des bandes noires et des bandes blanches horizontales, et en bas, en lettres capitales, en noir sur blanc, sur un mur semble-t-il: &lt;em&gt;NOT TO BE&lt;/em&gt;. Ca me va bien en ce moment. &lt;em&gt;L'humeur du moment&lt;/em&gt;, comme on disait avec Renato. &lt;em&gt;Not to be&lt;/em&gt;, c'est aussi le titre d'un roman de Christine Angot, d'ailleurs. Au milieu, une feuille, bizarrement accrochée: la paperasse au milieu de la question existentielle. Ca me va vraiment bien. Bête et naïf, encore. Mais tant de légèreté, ce soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et Fabien, depuis trois heures ensommeillé sur sa petite photo carrée, la tête posée sur l'oreiller, les longs sourcils noirs dessinant deux courbes que je voudrais caresser, &quot;absent&quot; sur msn, me dit enfin &quot;coucou&quot; après des semaines de silence. Et j'attends pour répondre.&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>Le marché des amants</title>
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      <published>2008-08-06T11:34:00+02:00</published>
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              <summary>  C'est amusant comme les choses se répètent, deux ans après. En juin, Frank...</summary>
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           &lt;p&gt;C'est amusant comme les choses se répètent, deux ans après. En juin, Frank m'a dit que Christine Angot publierait un nouveau roman à la rentrée. Je suis toujours naïvement heureux de rencontrer un lecteur d'Angot. C'est ce qui nous a rapprochés, Fabrizio et moi, il y a deux ans, à la Mousson. Hier, je tape &quot;actualité Angot&quot; sur Google, et j'apprends que &lt;em&gt;Le Marché des amants&lt;/em&gt; paraîtra le 21 août. La photographie de couverture me rappelle celle de Nan Goldin pour &lt;em&gt;Rendez-vous&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Rendez-vous&lt;/em&gt;, c'était le 25 août 2006, pendant la Mousson. Cette année, je pourrai acheter le livre la veille de mon départ à Pont-à-Mousson, et le lire dans le train. Les descriptifs disponibles sur le net parlent des frontières de l'amour et du nouveau territoire de l'amour. J'ai lu un extrait de trois pages publié dans &lt;em&gt;Lire&lt;/em&gt;. Ecriture fluide, comme dans &lt;em&gt;Les Désaxés&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Rendez-vous&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Axel était connecté hier soir sur msn. Il indiquait &quot;absent&quot;; moi, &quot;occupé&quot;. Je suis resté connecté une heure environ, mais je n'étais pas devant l'écran. Il n'a pas envoyé de message, moi non plus. Pourtant je lui avais proposé qu'on discute un peu avant de se voir jeudi. Mais j'étais fatigué, je me suis couché très tôt. Conséquence de l'agitation de la nuit précédente, de la chaleur de la journée aussi. Dormi douze heures. Réveil à sept heures trente. Je me suis recouché. Dormi plus ou moins une heure encore. Des rêves dont je ne me souviens plus, mais intenses. Il y avait Estelle, qui a essayé de m'appeler hier. Elle n'a pas laissé de message. On ne s'est pas vus depuis des semaines. Pas de nouvelles non plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la première fois que je travaille au mois d'août. Je n'en suis pas mécontent, mais mon organisme a du mal à suivre. Période de flottement pendant deux semaines, je crois. La plupart des chefs sont en vacances. Ce n'est pas qu'il n'y ait rien à faire. Mais le rythme est si différent de ce que j'ai connu jusque début juillet...&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>L'Aventure</title>
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      <published>2008-08-05T03:05:53+02:00</published>
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                              <summary>  Antoine est venu en taxi, et reparti en taxi, à deux heures. Il me laisse...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://guarantyofsanity.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;Antoine est venu en taxi, et reparti en taxi, à deux heures. Il me laisse un suçon qui sera caché demain sous mon col de chemise. Il a le même âge que moi, et, comme moi, une fille, de trois ans et demi. Je suis son quatrième mec; le deuxième qu'il baise. Nous avons parlé des doubles vies et du &lt;em&gt;gène&lt;/em&gt; de l'homosexualité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Renato répond à mon mail de cet aprè-midi, en insérant ses réponses entre mes phrases, avec des couleurs différentes, comme il le faisait il y a deux ans. Il commente le procédé: &quot;Disons, pour rappeler de bons souvenirs&quot;. Il viendra de vendredi à dimanche. Je lui demande s'il sera bien seul afin que nous puissions deviser à loisir et passer deux folles nuits parisiennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rudy me répond également: il est d'accord pour me voir jeudi, mais entretemps j'ai fixé un rendez-vous à un séduisant pilote d'avion. Nous verrons, je me déciderai demain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant à Fabrizio, je le verrai mercredi soir: nous parlerons de son recueil de poèmes et de sa pièce de théâtre. J'aime bien le titre du recueil, &lt;em&gt;L'Aventure&lt;/em&gt;, en référence au vers de Du Bellay dans &lt;em&gt;Les Regrets&lt;/em&gt;: &quot;J'écris à l'aventure...&quot;.&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>De retour à Paris</title>
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      <published>2008-08-03T21:05:32+02:00</published>
                      <summary>  J'ai dormi ce matin jusqu'à dix heures, et traîné sous la couette jusqu'à...</summary>
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           &lt;p&gt;J'ai dormi ce matin jusqu'à dix heures, et traîné sous la couette jusqu'à dix heures trente. Jérôme est arrivé vers onze heures. Papa est revenu de la messe à onze heures trente. François, du cinéma, vers treize heures trente. Papa a renoncé à vendre la maison. Il va installer un chalet en bois sur le &lt;em&gt;terrain&lt;/em&gt;, de façon à pouvoir nous accueillir quand nous venons chez lui à plusieurs. De façon aussi à accueillir Laetitia et ses enfants le jour où ce sera nécessaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Papa m'a demandé de m'occuper de son imprimante laser, qui ne fonctionnait plus. Une pièce en plastique empêchait les feuilles d'être entraînées. Papa avait lancé une impression test, dont j'ai vu le titre: &lt;em&gt;Laetitia&lt;/em&gt;, dans une police riante, dirais-je amoureuse? Papa est bienveillant. Enfin, il m'a parlé d'une scène mémorable, dans la rue, quand le mari de Laetitia est venu la chercher à la maison, et qu'ils se sont expliqués bruyamment en public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet après-midi, nous avons fêté mon anniversaire avec trois semaines de retard, en famille, et entre hommes. Ils m'ont offert le DVD de &lt;em&gt;Paris Texas&lt;/em&gt; et un CD de Fela, que je ne connais pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis nous avons installé le meuble télé que j'avais acheté avec Axelle dans un troc où nous avions nos habitudes. C'est un meuble des années cinquante aux proportions imposantes, en chêne massif. Comme François voulait mettre ses figurines Tintin dans les deux vitrines latérales, Jérôme et moi nous sommes empressés d'y placer d'autres babioles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jérôme m'a accompagné en voiture à la gare de Valenciennes. Je retrouve mon appartement, vide, reposant, propre. Demain je reprends le travail, après trois semaines de congés.&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>La rue des Fourbisseurs</title>
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      <published>2008-08-02T20:29:00+02:00</published>
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                              <summary>   Mardi 29 juillet. &amp;nbsp;   J'ai vaporisé un produit anti-moustiques sur...</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;em&gt;Mardi 29 juillet.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai vaporisé un produit anti-moustiques sur mon visage, mes bras et mes jambes. Son odeur et sa texture me rappellent le traitement contre les morpions: fiole noire évoquant un poison des temps modernes, liquide transparent aux effluves d'essence qui me brûla la peau une longue demi-heure, nu et debout dans un deux-pièces qu'une amie m'avait prêté au mois de novembre (les journées étaient longues, la RATP en grève;&amp;nbsp;j'allais en vélo de la Place Gambetta à la rue de Grenelle).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais fumer une dernière cigarette, et peut-être m'embraserai-je, assis sur l'appui de fenêtre, exposé à la vue des passants qui passent encore plus ou moins bruyamment à deux heures du matin - et les camions poubelles hurlent encore, et les canettes de bière et les téléphones cellulaires tombent parfois sur les pavés blasés de la rue des Fourbisseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(La cigarette est consumée. Je n'ai vu passer qu'un scooter. Une bouteilles s'est brisée à quelques mètres de moi. J'entends le tintement de couverts dans une assiette. Il y a aussi un bruit continu: ce ne sont pas les cigales, mais des climatiseurs.)&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>A quoi bon un blog?</title>
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      <published>2008-08-02T16:32:00+02:00</published>
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                              <summary>   Mardi 29 juillet. Quelques notes volées à la nuit avignonnaise. &amp;nbsp;...</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;em&gt;Mardi 29 juillet. Quelques notes volées à la nuit avignonnaise.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Clélie dort, à deux mètres de moi, allongée sur le ventre, la jambe gauche repliée, les cheveux en désordre. Ce soir, elle a dansé devant une chanteuse de jazz sur la Place de l'Horloge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'écris sur un cahier à spirales. Petit format. Petits carreaux. J'ai beaucoup de cahiers et de carnets. Tous les formats, toutes les épaisseurs. La plupart sont vides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'hésite à donner une autre forme à mon blog, à le supprimer, à en fermer l'accès. Il y a deux ans, à la mi-août 2006, j'ai fermé mes deux blogs, sur un coup de tête. J'ai perdu la plupart de mes textes car la clé USB sur laquelle j'avais sauvegardé les données m'a fait faux bond. Sur ces blogs, je jouais le jeu de la réalité et de la fiction, dans des poèmes et des textes en prose, récits et descriptions. Il y avait aussi des photos. Pour dire les choses rapidement, je tournais autour du pot. C'est trois semaines après mon coming out que j'ai mis un terme à cette activité quotidienne et frénétique. Je voulais aussi effacer les traces, me méfiant de ceux qui auraient voulu trouver des signes avant-coureurs du &lt;em&gt;désastre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai commencé mes &lt;em&gt;Folies minuscules&lt;/em&gt; dans un contexte différent. Ecrire, &quot;guaranty of sanity&quot;. Ce n'est pas une thérapie; j'ai bien compris la leçon de Christine Angot. Ce n'est pas tant pour moi-même que je m'explique dans cette note, que pour ceux qui découvriraient mon blog au hasard de leurs errances sur le net. J'ai eu une espèce de sueur froide en découvrant que quelqu'un avait eu accès au blog par le biais d'une recherche simple mentionnant le nom d'un ancien professeur. Dans le même temps, j'ai constaté une augmentation de la fréquentation du blog, si bien que je me suis demandé si le blog &lt;em&gt;tournait&lt;/em&gt;. Finalement, je me dis &quot;et alors&quot;. C'est vrai, je mentionne les prénoms de certaines personnes de mon entourage. Il suffit d'entrer &quot;Rudy Lucien&quot; sur Google pour accéder à des pages du blog.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces notes sont un réservoir de souvenirs et de sensations pour autre chose. Il est nécessaire pour moi que cela se fasse sous cette forme.&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>Sans famille</title>
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      <published>2008-07-27T01:56:00+02:00</published>
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                              <summary>  Grasses matinées tous les jours depuis une semaine. Un baiser, un corps qui...</summary>
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           &lt;p&gt;Grasses matinées tous les jours depuis une semaine. Un baiser, un corps qui remue à côté de moi: &quot;Papa, tu te réveilles?&quot;. Plus rarement, c'est moi qui me lève en premier. L'ouverture du volet. Les mains sur les yeux pour se protéger de la lumière. Un coup d'oeil dans le miroir pour observer la barbe abandonnée avant de passer à la cuisine. Les nouvelles du monde à la radio, les céréales au chocolat, et mon morceau de baguette beurré.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des balades dans Paris. Clélie veut aller &lt;em&gt;à la Seine&lt;/em&gt;, à cause du sable. Pas facile d'entrer en contact avec les autres enfants. Pourtant elle y va franchement, et avec le sourire. Tout à l'heure, elle s'installe d'elle-même à la terrasse d'un café; je n'avais plus qu'à m'aligner. Chocolat chaud pour elle, café crème pour moi, malgré la chaleur.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeudi, je lui ai acheté un pendentif en forme de sifflet, rose, ajouré, avec des strass. C'était chez un grossiste de la &lt;em&gt;rue des&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Bijoux&lt;/em&gt;. Une vendeuse m'a tendu un plateau blanchâtre. Ne sachant que faire, j'y ai déposé le pendentif. Réaction de gêne: la vendeuse est repartie dans le fond du magasin et a posé le plateau à côté d'elle. J'ai aussi acheté un porte-clé fantaisie. J'ai compris que la vente au détail était une faveur quand un vendeur, qui semblait être le patron, m'a dit&amp;nbsp;qu'il ne prenait les cartes bleues qu'à partir de soixante euros.&amp;nbsp;Clélie ne&amp;nbsp;quitte plus son sifflet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce moment, c'est la série des &lt;em&gt;Remi&lt;/em&gt;, que je n'avais pas vue depuis&amp;nbsp;vingt-cinq ans sans doute. Je suis surpris d'y découvrir le Canal du Midi, Carcassonne, et le Paris de la deuxième moitié du XIXe siècle. Les dessins et les couleurs sont magnifiques, l'eau des voies fluviales puis la neige scintillent dans une débauche d'effets optiques qui permettent souvent un basculement dans le rêve. Clélie a retenu les noms bizarres des animaux, qui meurent un à un. Elle reconnaît Notre-Dame de Paris et les quais de la Seine. Mais c'est l'hiver, un hiver très rude. Vitalis veut faire de Rémi un homme en le mettant à l'épreuve. Clélie m'a demandé cet après-midi: &quot;Ca veut dire quoi, &lt;em&gt;en guenilles&lt;/em&gt;?&quot;. Elle pensait à Cendrillon, pas à&amp;nbsp; Rémi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fabrizio nous a rendu visite hier. Promenade à La Villette, puis dîner. Fabrizio ne connaissait pas la Géode. Il m'a parlé de deux personnes qui ont entre trente et quarante ans,&amp;nbsp;à qui il donne des cours d'italien, et qui ne connaissaient pas Rimbaud. On a écouté ma musique et regardé un épisode de &lt;em&gt;Rémi&lt;/em&gt;. Fabrizio connaissait. On a le même âge. Ca passait en Italie aussi. Il m'a parlé à plusieurs reprises de la tristesse de cette histoire édifiante,&amp;nbsp;et a éprouvé la même fascination que moi pour l'esthétique.&amp;nbsp;Aujourd'hui, Fabrizio m'a envoyé une pièce de théâtre et un recueil de poèmes. J'ai imprimé à peu près cent vingt pages. Il me demande mon avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai aussi téléchargé de la musique sur &lt;em&gt;mp3fiesta.com&lt;/em&gt;: une compilation des Beach Boys, une autre d'Elvis Presley, un album de Missy Elliot, et le premier album de Devendra Banhart. J'oubliais le dernier album de Carla Bruni. Du haut de ses quatre ans, Clélie m'a demandé: &quot;Tu sais que c'est la copine de Nicolas Sarkozy?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce soir, j'ai trouvé des modèles de jupes intéressants sur a&lt;em&gt;nderslandinger.com&lt;/em&gt;. Je continue de me renseigner sur l'épilation au laser. Je continue d'en rêver pour la barbe. C'est sur les forums de transexuelles qu'on a les renseignements les plus précis, et les témoignages les plus fiables sans doute.&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>&quot;Georges est un poignard que je porte planté dans le torse et que je remue un peu parfois pour me rappeler que la vie est une chienne&quot;</title>
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      <published>2008-07-21T00:16:00+02:00</published>
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                              <summary>  Je piste Rudy. Tout ce que je détestais chez lui, qu'il me piste. Je l'ai...</summary>
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           &lt;p&gt;Je piste Rudy. Tout ce que je détestais chez lui, qu'il me piste. Je l'ai trouvé hier sur Rezog. J'ai toujours une page qui me permet d'accéder aux autres profils, même si le mien est vide depuis des semaines. J'ai hésité à le remplir à nouveau. Je suis abonné pour quelques mois encore. Ca me coûte onze euros par mois. C'est de l'argent gaspillé. J'ai l'habitude des abonnements inutiles... Je n'ai pas eu de mal à trouver le profil de Rudy, qui déclare habiter dans le 13e. Quelques photos &lt;em&gt;arty&lt;/em&gt; dans son album, dont celle de la terrasse de Beaubourg, avec les roses mélancoliques dans les soliflores (mais non, ce ne sont pas des roses) posés au milieu des tables carrées, les teintes bleutées d'un sépia numérique.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/01/00/235259733.JPG&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce soir, j'ai retrouvé son blog, que je n'avais pas consulté depuis janvier dernier sans doute. Quelques notes dans lesquelles je me suis retrouvé en &lt;em&gt;George&lt;/em&gt;. Jeu de masques assez facile à décrypter, traces de rencontres qui lui ont rappelé des moments que nous avons passés à deux, &lt;em&gt;Natasha&lt;/em&gt;-Nathalie, &lt;em&gt;Luc&lt;/em&gt;-Lucien &quot;par qui le désastre est arrivé&quot; (souvenir de cette affreuse soirée à Paris où j'expliquai à Rudy que mon histoire avec Lucien n'était pas terminée). Développement sur &lt;em&gt;Le Dieu du Carnage&lt;/em&gt;, dans une note datée de février. J'ai vu la pièce le 12 février, justement, et j'ai payé ma place au prix fort: 52 euros. Dans une autre note, Rudy me reproche de me faire inviter au théâtre, dans un dialogue entre &lt;em&gt;George&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Herald&lt;/em&gt; qui reprend une conversation qui avait creusé l'abîme entre Pierre et Rudy. Voilà comment se termine la note:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;La prochaine fois que tu iras au théâtre, je t'invite à te regarder bien en face dans le miroir au moment où tu ajusteras ton écharpe et à mettre tes actes en accord avec tes paroles en payant ta place puisque tu assisteras au spectacle.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;George&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Georges&lt;/em&gt;, avec ou sans le &quot;s&quot;. Je préfère sans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parcouru la plupart des pages du blog. Rudy le saura sans doute très vite, en consultant les statistiques. Dans ce jeu de cache-cache, je me demande s'il sait que j'ai un blog moi aussi. J'ai failli écrire beaucoup, développer, citer, mais à quoi bon...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pourrais juste parler de cette sensation de manque cet après-midi, à la terrasse d'un café, avec Clélie. Ca m'a rappelé d'autres dimanches après-midi, à trois, avec Clélie et Rudy. Rudy laissant Clélie jouer avec sa bouteille de Coca, les sucres fondant dans le peu de liquide restant au fond de la bouteille, avec tout le sérieux d'un protocole expérimental. Tout à l'heure, Clélie a laissé couler le sucre en poudre entre les barreaux de sa chaise. Quand je m'en suis rendu compte, je l'ai sermonnée. Il manque quelqu'un peut-être. Je ne dis pas Rudy. Seul face à une enfant de quatre ans, pas toujours facile. Horreur en lisant un article sur un homme qui a battu sa fille de quatre ans en public, à Rome. Tête claquée contre un monument.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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        <name>Pierre</name>
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      <title>Dans la solitude</title>
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      <published>2008-07-19T23:22:00+02:00</published>
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                              <summary>               J'ai remixé l'ouverture de  La Solitude  la nuit dernière....</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/02/02/559599847.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/02/02/559599847.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://guarantyofsanity.hautetfort.com/media/02/02/559599847.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai remixé l'ouverture de &lt;em&gt;La Solitude&lt;/em&gt; la nuit dernière. Réécouté ce soir, sur la chaîne. Enregistré avec quelques modifications encore, et envoyé à Bruno. Plutôt satisfait. Une idée ce soir, au clavier. Pizzicato de contrebasse et clarinette. A étoffer. Il faut un peu de courage. Je n'en ai pas tellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mal à la gorge. Inflammation. Deux fois en deux semaines. Je me sens démuni. Ca prend aussi aux oreilles, un peu partout, j'ai du mal à décrire ce qui se passe. Ca ne m'arrivait jamais avant. C'est pénible, je ne comprends pas. Sans doute les effets de l'eau de javel hier. Du coup je n'ai pas fumé aujourd'hui. Ca fait au moins deux ans que je n'ai pas passé une journée entière sans fumer. Enfin la journée n'est pas finie, et j'ai un paquet à portée de main.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mal dans la bouche aussi. Résultat de ma nuit de folie, à mon retour d'Avignon. Trop bu, trop embrassé, dans le sous-sol du Cud, puis dans la rue. Comment s'appelle-t-il, Gaël, il m'aspirait la langue, c'était douloureux. Il a joui quatre fois; moi, deux. Je lui ai proposé une douche à deux. Le lendemain, j'avais mal aussi au gland. Mal en point, d'une manière générale. Je suis reparti de chez Gaël à 5h30 et j'ai pris le premier métro. Lui devait se lever à 7h pour aller travailler à Roissy. Sa copine est en vacances, il en profite. Il veut des enfants. Je lui ai dit que je ne juge pas. Mal placé pour juger. Somnolé dans le métro. J'ai acheté un énorme pain au raisin et un pain au chocolat en arrivant chez moi. J'ai mangé, assis sur mon lit, avant de m'effondrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aménagé des placards hier. Je passe beaucoup de temps à ranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucune nouvelle de Fabien, qui annonce J-12 avant l'Espagne sur msn. Lucien, quant à lui, semble avoir écourté son séjour dans la Loire. Renato a eu sa première année. Rudy semble avoir emménagé&amp;nbsp;à Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai déniché un petit synthétiseur dans le local poubelles. Emballé, en bon état, et il marche. Il fait le bonheur de Clélie, qui a joué une partie de la soirée. Je lui ai lu l'histoire d'Aladin ce soir.&lt;/p&gt; 
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      <author>
        <name>Pierre</name>
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      <title>Les chiens</title>
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                              <summary>  Lucien est parti aujourd'hui. On a mangé ensemble ce midi, à la terrasse...</summary>
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           &lt;p&gt;Lucien est parti aujourd'hui. On a mangé ensemble ce midi, à la terrasse d'un café, les feuilles de salade s'envolaient, la crète de Lucien était aplatie aujourd'hui, son sac à dos lourdement posé contre un mur, je faisais attention à ne pas salir ma chemise et ma cravate, je lui ai dit que j'avais un peu les boules qu'il parte et de ne plus le revoir pendant si longtemps. Il ne comprend pas pourquoi Molière est tellement respecté, il n'aime pas Marivaux. Lucien est bien jeune. Dimanche, il a fini la nuit avec un homme de quarante ans, un certain Philippe, qui l'a invité&amp;nbsp;au resto japonais, et qui l'a baladé boulevard Saint-Germain. Moi j'avais dégueulé aux abords du Cud, ma demi-bouteille de rhum et toutes les tensions accumulées. Je me suis fait ramasser par un Eric de quarante-trois ans. Je n'avais jamais passé la nuit avec quelqu'un d'aussi âgé. La veille, Lucien m'avait léché, il avait lu &lt;em&gt;Les Chiens&lt;/em&gt; dans l'après-midi, et il avait eu envie de ça. Il me l'a avoué après quelques verres de rhum, mais je lui ai dit que ça ne me dérangeait pas. Lucien, j'aurais pu l'aimer. Pour que les choses soient claires, en titubant sur les trottoirs du Marais, on s'est dit qu'on allait rouler des pelles toute la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hier soir, j'ai parlé avec Renato sur msn. Il avait ses lunettes de soleil, son brushing impeccable, une cigarette à la main, et le torse nu. Il viendra chez moi au mois d'août, un week-end. Il veut être infidèle et me voir. Je n'ai pas dit oui tout de suite et l'ai laissé insister quelque peu. Lucien et Renato sont très différents. Ils ne se reconnaîtraient pas s'ils se rencontraient. Moi, je les ai aimés tous les deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Estelle vient chez moi demain soir pour trier ses affaires dans ma cave. Ca fait une semaine qu'elle est installée dans son studio à Montparnasse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas de nouvelles de Fabien. Je ne sais même pas s'il est à Paris comme prévu. Il est sans doute amoureux. Je laisse des messages sur msn, en vain. Ca m'apprendra, puisque c'est le tour que je lui ai joué au mois de mars. J'avais fait le mort, je l'avais évité. Fabien ne s'entendrait pas avec Renato, et il n'aurait sans doute rien à dire à Lucien. A eux trois, ils ont soixante ans. J'en ai bientôt trente-trois.&lt;/p&gt; 
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