lundi, 21 juillet 2008
"Georges est un poignard que je porte planté dans le torse et que je remue un peu parfois pour me rappeler que la vie est une chienne"
Je piste Rudy. Tout ce que je détestais chez lui, qu'il me piste. Je l'ai trouvé hier sur Rezog. J'ai toujours une page qui me permet d'accéder aux autres profils, même si le mien est vide depuis des semaines. J'ai hésité à le remplir à nouveau. Je suis abonné pour quelques mois encore. Ca me coûte onze euros par mois. C'est de l'argent gaspillé. J'ai l'habitude des abonnements inutiles... Je n'ai pas eu de mal à trouver le profil de Rudy, qui déclare habiter dans le 13e. Quelques photos arty dans son album, dont celle de la terrasse de Beaubourg, avec les roses mélancoliques dans les soliflores (mais non, ce ne sont pas des roses) posés au milieu des tables carrées, les teintes bleutées d'un sépia numérique.
Ce soir, j'ai retrouvé son blog, que je n'avais pas consulté depuis janvier dernier sans doute. Quelques notes dans lesquelles je me suis retrouvé en George. Jeu de masques assez facile à décrypter, traces de rencontres qui lui ont rappelé des moments que nous avons passés à deux, Natasha-Nathalie, Luc-Lucien "par qui le désastre est arrivé" (souvenir de cette affreuse soirée à Paris où j'expliquai à Rudy que mon histoire avec Lucien n'était pas terminée). Développement sur Le Dieu du Carnage, dans une note datée de février. J'ai vu la pièce le 12 février, justement, et j'ai payé ma place au prix fort: 52 euros. Dans une autre note, Rudy me reproche de me faire inviter au théâtre, dans un dialogue entre George et Herald qui reprend une conversation qui avait creusé l'abîme entre Pierre et Rudy. Voilà comment se termine la note:
"La prochaine fois que tu iras au théâtre, je t'invite à te regarder bien en face dans le miroir au moment où tu ajusteras ton écharpe et à mettre tes actes en accord avec tes paroles en payant ta place puisque tu assisteras au spectacle."
George ou Georges, avec ou sans le "s". Je préfère sans.
J'ai parcouru la plupart des pages du blog. Rudy le saura sans doute très vite, en consultant les statistiques. Dans ce jeu de cache-cache, je me demande s'il sait que j'ai un blog moi aussi. J'ai failli écrire beaucoup, développer, citer, mais à quoi bon...
Je pourrais juste parler de cette sensation de manque cet après-midi, à la terrasse d'un café, avec Clélie. Ca m'a rappelé d'autres dimanches après-midi, à trois, avec Clélie et Rudy. Rudy laissant Clélie jouer avec sa bouteille de Coca, les sucres fondant dans le peu de liquide restant au fond de la bouteille, avec tout le sérieux d'un protocole expérimental. Tout à l'heure, Clélie a laissé couler le sucre en poudre entre les barreaux de sa chaise. Quand je m'en suis rendu compte, je l'ai sermonnée. Il manque quelqu'un peut-être. Je ne dis pas Rudy. Seul face à une enfant de quatre ans, pas toujours facile. Horreur en lisant un article sur un homme qui a battu sa fille de quatre ans en public, à Rome. Tête claquée contre un monument.
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samedi, 29 mars 2008
Pochette rouge
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