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jeudi, 07 août 2008
En écoutant Smokey Rolls Down Thunder Canyon de Devendra Banhart
Je me suis surpris à me sentir plus léger ce soir, plus frais. La journée a été lourde, triste, de moiteur, de malaise, de somnolence, de sueurs froides aussi, de comptes à rebours effrayants, de peurs incontrôlables devant les responsabilités, comment dire, civiques peut-être, auxquelles j'ai toujours autant de mal à me contraindre. La ligne 12 était étouffante, ma main a effleuré par inadvertance le crâne chauve d'un homme assis sur un strapontin: regard agacé, le frôlement étant malvenu, et cette bizarre sensation d'un crâne chauve mais rugueux comme une barbe de trois jours. La ligne 5 puait. Chaleur et puanteur. Et puis quoi, effet salutaire de la douche sans doute, du rasage de près, de l'arrivée de Renato demain, qui m'a répété, c'était un jeu, "rdv à sept heures trente-deux", "rdv à sept heures trente-deux", "rdv à sept heures trente-deux"...
Axel pilote des Boeing 747. Je lui ai dit: "ça va peut-être te paraître bête et naïf", mais ça m'impressionne. Il a répondu: "c'est comme conduire une grosse voiture". On se verra mardi prochain finalement. Je ne suis pas mécontent que le rendez-vous soit décalé. Il me parle de pelouse ou de prairie, ça me plait. Tout cela est bête et naïf, mais j'aime.
Alors je verrai Rudy mercredi. Rudy qui a mis de nouvelles photos sur son blog. Des portraits d'un garçon dont on ne voit jamais le visage de face. Des photos vaporeuses, en suspens, joliment floutées. Et puis il y a eu ce choc en faisant défiler frénétiquement quelques centaines de photos de Hedi Slimane trouvées sur un blog. Des potraits de garçons dans des concerts rock. Des noir et blanc magnifiques. Et j'ai mis une photo en fond d'écran au bureau, des bandes noires et des bandes blanches horizontales, et en bas, en lettres capitales, en noir sur blanc, sur un mur semble-t-il: NOT TO BE. Ca me va bien en ce moment. L'humeur du moment, comme on disait avec Renato. Not to be, c'est aussi le titre d'un roman de Christine Angot, d'ailleurs. Au milieu, une feuille, bizarrement accrochée: la paperasse au milieu de la question existentielle. Ca me va vraiment bien. Bête et naïf, encore. Mais tant de légèreté, ce soir.
Et Fabien, depuis trois heures ensommeillé sur sa petite photo carrée, la tête posée sur l'oreiller, les longs sourcils noirs dessinant deux courbes que je voudrais caresser, "absent" sur msn, me dit enfin "coucou" après des semaines de silence. Et j'attends pour répondre.
23:34 Publié dans Des histoires vraies, Les garçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime


