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samedi, 02 août 2008
La rue des Fourbisseurs
Mardi 29 juillet.
J'ai vaporisé un produit anti-moustiques sur mon visage, mes bras et mes jambes. Son odeur et sa texture me rappellent le traitement contre les morpions: fiole noire évoquant un poison des temps modernes, liquide transparent aux effluves d'essence qui me brûla la peau une longue demi-heure, nu et debout dans un deux-pièces qu'une amie m'avait prêté au mois de novembre (les journées étaient longues, la RATP en grève; j'allais en vélo de la Place Gambetta à la rue de Grenelle).
Je vais fumer une dernière cigarette, et peut-être m'embraserai-je, assis sur l'appui de fenêtre, exposé à la vue des passants qui passent encore plus ou moins bruyamment à deux heures du matin - et les camions poubelles hurlent encore, et les canettes de bière et les téléphones cellulaires tombent parfois sur les pavés blasés de la rue des Fourbisseurs.
(La cigarette est consumée. Je n'ai vu passer qu'un scooter. Une bouteilles s'est brisée à quelques mètres de moi. J'entends le tintement de couverts dans une assiette. Il y a aussi un bruit continu: ce ne sont pas les cigales, mais des climatiseurs.)
20:29 Publié dans La forme d'une ville... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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