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lundi, 07 juillet 2008
Les chiens
Lucien est parti aujourd'hui. On a mangé ensemble ce midi, à la terrasse d'un café, les feuilles de salade s'envolaient, la crète de Lucien était aplatie aujourd'hui, son sac à dos lourdement posé contre un mur, je faisais attention à ne pas salir ma chemise et ma cravate, je lui ai dit que j'avais un peu les boules qu'il parte et de ne plus le revoir pendant si longtemps. Il ne comprend pas pourquoi Molière est tellement respecté, il n'aime pas Marivaux. Lucien est bien jeune. Dimanche, il a fini la nuit avec un homme de quarante ans, un certain Philippe, qui l'a invité au resto japonais, et qui l'a baladé boulevard Saint-Germain. Moi j'avais dégueulé aux abords du Cud, ma demi-bouteille de rhum et toutes les tensions accumulées. Je me suis fait ramasser par un Eric de quarante-trois ans. Je n'avais jamais passé la nuit avec quelqu'un d'aussi âgé. La veille, Lucien m'avait léché, il avait lu Les Chiens dans l'après-midi, et il avait eu envie de ça. Il me l'a avoué après quelques verres de rhum, mais je lui ai dit que ça ne me dérangeait pas. Lucien, j'aurais pu l'aimer. Pour que les choses soient claires, en titubant sur les trottoirs du Marais, on s'est dit qu'on allait rouler des pelles toute la nuit.
Hier soir, j'ai parlé avec Renato sur msn. Il avait ses lunettes de soleil, son brushing impeccable, une cigarette à la main, et le torse nu. Il viendra chez moi au mois d'août, un week-end. Il veut être infidèle et me voir. Je n'ai pas dit oui tout de suite et l'ai laissé insister quelque peu. Lucien et Renato sont très différents. Ils ne se reconnaîtraient pas s'ils se rencontraient. Moi, je les ai aimés tous les deux.
Estelle vient chez moi demain soir pour trier ses affaires dans ma cave. Ca fait une semaine qu'elle est installée dans son studio à Montparnasse.
Pas de nouvelles de Fabien. Je ne sais même pas s'il est à Paris comme prévu. Il est sans doute amoureux. Je laisse des messages sur msn, en vain. Ca m'apprendra, puisque c'est le tour que je lui ai joué au mois de mars. J'avais fait le mort, je l'avais évité. Fabien ne s'entendrait pas avec Renato, et il n'aurait sans doute rien à dire à Lucien. A eux trois, ils ont soixante ans. J'en ai bientôt trente-trois.
23:42 Publié dans Des histoires vraies, Les garçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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