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dimanche, 29 juin 2008

Les maîtres

Soirée autour des maîtres. Restaurant du musée des Beaux-Arts. Audrey monte dans ma voiture. Je suis un peu isolé. Beaucoup de normaliens, thésards ou docteurs. Je n'ai pas d'anecdotes sur le bac français cette année. Mes anecdotes sont des anecdotes de bureau. Ma voisine de table parle aussi de sa chef.

J'envoie un sms à Lucien, comme la veille. Je lui demande simplement s'il est à Lille. Pas de réponse. Je ne passerai donc pas la nuit avec lui. Je ne sais pas où je vais dormir. Jérôme est chez mon père; pas de place pour moi. Je n'ai pas prévenu Niko, ni Nathalie. Je dors dans la voiture, sur une aire d'autoroute. Un endroit que je connais bien. Des voitures s'arrêtent, des hommes en sortent parfois. Le ballet lent et prévisible des phares braqués sur vous pour vous évaluer. Vers cinq heures, une voiture s'arrête près de la mienne. Je me réveille. Le conducteur descend, passe et repasse à côté de moi. Le deal commence, ça prend un peu de temps. J'ouvre ma fenêtre, le contact est bon. Je le laisse entrer. Il n'est ni beau ni mince, ni bien monté, mais le contact est bon. Les cheveux très courts et très doux. Le goût est bon. Ca me va, et je me laisse aller. Il s'appelle Philippe. Il revient de Lille. Il rentre chez ses parents, dans l'Aisne. Il doit avoir quarante-cinq ans. Je ris parce que c'était bien.

Je dors trois heures.

Lucien me répond le lendemain. Il n'avait plus de crédit. Il me dit qu'il est à Lille. Je lui dis "trop tard": je suis déjà rentré à Paris. Lucien doit venir le week-end prochain de toute façon. Amandine et Charlotte seront sans doute de la partie. Il y a Fabien, aussi, qui arrive à Paris le 3.

Lundi soir, j'aide Estelle à déménager. Sa mère sera là. On fera un seul trajet, de son hôtel à son appartement, d'Oberkampf à Montparnasse. Je n'ai pas vu sa mère depuis 1994. Estelle sort à nouveau avec David, mais uniquement pour sa beauté, me dit-elle.

Promenade dans Paris avec Clélie ce soir. Rue de Rivoli, la Cité, bateau bus, puis bus des Champs-Elysées à la Gare du Nord. Clélie écrit son prénom sur un vieux programme de Théâtre, ciment de l'Europe. Elle ne termine pas sa glace. Elle est jolie dans son imperméable d'été blanc.

En début de soirée, on s'est arrêtés à la Fontaine des Innocents. Je lui ai dit que la fontaine avait quatre cents ans. Elle a répété: "quatre cents ans!". On a regardé les bas-reliefs, puis on est partis.

J'ai salué Monsieur Caramatie. Je lui ai parlé de mon parcours depuis la khâgne. La Fontaine des Innocents, Jean Goujon, la couverture du livre de Henri Zerner sur l'architecture française de la Renaissance. Je n'ai pas eu de maîtres, je crois, ou je ne les ai pas encore trouvés. Je n'ai rien contre l'idée. Ou alors je suis passé à côté de mes maîtres.

dimanche, 15 juin 2008

Hygiène

Un impératif: écrire. Reprendre mon usage du monde. Reprendre Lacrimae Christi.

Appeler Fabrizio demain. Appeler Renato.

A la fin de L'Ile, le moine illuminé se glisse dans son cercueil. La course avec Fabrizio pour arriver au cinéma. Trop tard de toute façon: on a raté les treize premières minutes. La brasserie était très chère, on a mangé des croque-monsieur. Parlé de nos mères. Je l'avais presque oublié: décédées toutes les deux d'un cancer, la même année. Et nous avons le même âge. La sienne est partie en six mois, la mienne en trois. Fabrizio avait les larmes aux yeux en sortant du cinéma. Avec Fabrizio, on s'est retrouvés comme deux amis trop longtemps séparés.

Un autre impératif: les impôts, les amendes, le changement d'adresse que je n'ai pas signalé partout.

Vidé mes deux profils sur Rezog. Marre de ça. Plus exactement: peur de ne plus être capable de rencontrer quelqu'un dans un autre contexte. Marre de l'étalage de la chair, en tout cas.

Coupé la frange de Clélie hier soir. Elle a encore toussé ce week-end, mais moins que la fois dernière. J'étais son paparapluie, son paparasol, son paparachute, et son paparadis. "Que j'aime pour la vie."

Le Masque et la Plume: "j'adore" ou "c'est de la merde" (sic).

Kim passe le week-end chez ses parents. Elle ne rentre que demain. Je suis seul ce soir. Il y a 69 mails non lus dans ma boîte de réception, dont 49 pour le travail. Les 20 autres traînent depuis longtemps.

J'ai mangé n'importe quoi ce week-end.

Je me suis défoulé sur un bouton au milieu de front.

Je n'ai toujours pas envie d'arrêter de fumer.

J'ai failli acheter du vin, il y a une heure. Il est encore temps.