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mardi, 15 avril 2008
Qui rêverai-je cette nuit?
Je n'ai pas parlé de ma semaine de papa à plein temps; je n'en parlerai pas. Je ne peux pas parler de ma petite fille ici, ou pas encore. Je ne sais pas quels mots mettre sur ce que j'ai ressenti.
Alors je parlerai du petit Chinois qui m'a reçu dans un appartement exigu et qui était si pressé que je suis resté chez lui à peine dix minutes (lits superposés, vêtements d'enfant séchant sur un étendoir, quelques mots échangés sans vraiment se comprendre, pas de baisers, des sourires, et la pluie en sortant, et je me demandais comment ouvrir la grille en sortant, cherchant vainement une solution dans le scrutement du système de fermeture, et j'étais joyeux parce que le déplacement ne m'avait coûté que quelques stations de métro, trois quarts d'heure tout au plus, et qu'il me restait encore deux heures avant le rendez-vous avec Laurent, pour lequel je me suis préparé longuement, rasage de près, épilation méticuleuse des aisselles et du torse, gel dans les cheveux, fond de teint, savant mariage de bleus et de noirs dans ma mise précieuse et décontractée).
Laurent me trouble; c'est à cause de son regard, de son détachement peut-être. Il y eut quelques silences. Laurent fume une cigarette (c'est moi qui la lui offre). J'en fume trois. Nous restons plus d'une heure à la terrasse des Marronniers. C'est lui qui me propose l'endroit. C'est bien le seul que je connaisse vraiment dans le quartier. J'y ai dîné avec Rudy, Lucien (il me semble, mais je l'invente peut-être) et Caroline.
Je suis attiré par Laurent, mais je ne sais pas exactement ce qui m'attire chez lui. C'est physique évidemment. Sa peau paraît très douce. Il est grand et fin. Et puis il est artiste à plein temps. Il me dit que pour lui le dimanche est un jour comme les autres. D'ailleurs il a rendez-vous avec un collaborateur (c'est moi qui emploie ce terme) à 21 heures. Nous n'avons donc pas d'intimité, et nous n'en aurons probablement pas. Mais nous nous reverrons, bien sûr. Je préfèrerais: nous nous rêverons.
Trois messages de Lucien, cette nuit, quand j'ai déplié mon portable, que j'avais mis en mode silencieux (j'étais devant une grille que je ne savais comment ouvrir, il devait être une heure, je m'étais abandonné à un jeune ours puissant et doux): "C louise bourgeois sur france inter", "Euh france culture", puis "Ah c'était la fin, je dors.". Renato m'a appris que le point final dans un sms est un point de non-retour. A quoi j'ai répondu "Dommage g raté... Bonne nuit et bisous". Sans point. (J'avais écrit à Véro, dans la soirée: "Tu manques de comédiens? J'en connais un qui me manque terriblement, mais je me dis qu'il sera peut-être à Paris dans 2 ans pour ses études, si je n'ai pas eu un coup de foudre pour qqn d'autre d'ici là. Je vois Lucien de temps en temps, à Paris ou à Lille. Encore il y a 10 jours. Il est si volatile, ce jeune homme! Sniff... Merci à toi en tout cas pour cette belle rencontre..."). Je n'avais pas écrit à Véro depuis des mois.
01:56 Publié dans Des histoires vraies, Les garçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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