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lundi, 31 mars 2008
Je ne vous voy pas a demy
Lucien,
J’avais envie de t’écrire, alors je me suis dit qu’il ne fallait pas attendre. Le poème de Charles d’Orléans est simple et beau, il correspond bien à mon humeur printanière. Je l’ai trouvé dans un recueil intitulé En la forêt longue attente. C’était à la librairie Gallimard, ce midi. J’ai procédé comme d’habitude quand je suis attiré par un livre : je l’ouvre au hasard, et ce que je lis détermine l’achat. En l’occurrence, je suis tombé sur ce rondeau, et il m’a fait penser à toi, à ce que j’aurais pu te dire. N’y vois aucune supplication : je ne te propose pas de fermer nos cœurs en alliance — ceci dit, en l’écrivant, même avec une négation, je l’affirme quand même, je ne suis pas dupe : les mots sont là, et ce n’est pas pour rien que je les choisis.
Je serai dans le Nord ce week-end : de vendredi soir à dimanche. Je vais chercher Clélie dimanche en fin de matinée, pour les vacances. Si tu veux me voir, fais-moi signe, mais ne te sens pas obligé. Je sais que tu es très libre de toute façon, nous en avons déjà parlé, et je le sens chaque fois que je te vois.
Je t’embrasse,
Pierre
16:01 Publié dans Correspondances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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